« lun 04 aoû - dim 10 aoû | Page d'accueil | lun 18 aoû - dim 24 aoû »

jeudi, 14 août 2008

Uzès, ma ville..

Les états d'ames d'une Uzétienne de longue date...
Je t'ai connue crasseuse, délaissée, puante de tous tes égouts dégorgeant dans tes rues, tes immeubles délabrés, éventrés ou négligés, nombre de tes cours intérieures transformées en dépotoirs, ta place aux Herbes souillée dégradée malgré l'élégante originalité méridionale de son escalier de pierre, l'espace Nicolas Froment tel un champ de mines après la bataille -
Puis, Merveille, le plan Malraux ! Des années de travaux
J'ai vu tous les 'décideurs locaux' des architectes enthousiastes relever le défi
Je t'ai vue devenir un chantier à ciel ouvert, une vraie ruche bourrée d'artisans de valeur
j'ai vu avec bonheur petit à petit ré-émerger ta noblesse, d'abord timidement dans un petit périmètre, puis dans l'intégralité du centre ville où tout n'était que travaux, remise en état, rénovation, réhabilitation, la transformation se faisait de plus en plus vite, de mieux en mieux ! ah ! quelle frénésie gagnait toute la ville jusqu'aux quartiers un peu oubliés ! quel bonheur de te découvrir si belle, trop belle peut être ! tu as attirée nombre de vrais amoureux, mais…… victime de ton succès , de la mégalomanie, ou de l'appât du gain ? tu es devenue une marchandise, un « bien immobilier » une étape sur un dépliant touristique.
Te voilà à nouveau dégradée, enlaidie par des immeubles aux noms ronflants, surexploitée, tu es une petite ville c'est ce qui a fait ton charme ! tu as ton journal local qui avec plus ou moins de bonheur donne tes derniers potins, tes dernières nouvelles, celles de tous les beaux villages qui t'entourent et qui comme toi ont été emportés par la dynamique de la rénovation - tes blogs – ton cinéma aux initiatives sympathiques – tes bof ! tes parvenus ! tes snobs (ah ! habiter le centre historique !) tes investisseurs (les pires !)
Nous pourrions parler de tes 'espaces fleuris tristes et négligés' de ta superbe promenade aux marronniers malades, abandonnés ! de tes fêtes sans originalité ! De la disparition de l'amour et la joie qui ont contribué à ta renaissance –
Tu est une petite ville où l'on peut encore converser, connaître ses voisins faire un 'bout de blaguette' – pour combien de temps ? les nouveaux quartiers 'résidentiels ' sauront-ils conserver cet 'art de vivre' ?
DG
Merci à D.G. que je connais bien pour cette vision et analyse de notre ville.